Salut,
Un petit C.R illustré de nos vacances à Gran Canaria avec nos vélos pliants. Ma femme et moi sommes partis le vendredi 27 décembre et rentrés le 17 janvier. Avec nos deux Trek F600.
Les nombreuses interrogations avant le départ et les préparatifs ont été détaillés dans un post dédié:
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Le vol se passe sans encombres, et après quelques dizaines de minutes de suspense, nous récupérons nos valises apparemment intactes. Le loueur de voiture nous intercepte à l'entrée du parking et nous propose un modèle "de la même catégorie que celui réservé". C'est toujours pénible: on réserve une caisse sur des critères précis, et on se retrouve systématiquement avec "autre chose".
Ma femme et moi avons chacun une grande valise de 110 l. pour nos vêtements et une très grande (145 l.) pour les vélos. J'ai donc réservé une Fiat Panda, après avoir vérifié les dimensions du coffre sur des forums spécialisés et en étant certain de pouvoir charger nos quatre valises dans ce "cube".
Et on se retrouve avec une Dacia Sandero. En rabattant les sièges arrières, le volume est presque équivalent à celui d'une Panda, et j'arrive tant bien que mal à charger nos valises.
L'hôtel est à Meloneras, à 35 km de l'aéroport, dont une trentaine de voie rapide. Nous y arrivons bien trop tôt, ce qui nous laisse le temps de profiter du parking et du beau temps pour nous occuper des vélos avant même d'aller en chambre. En une heure environ, les vélos sont remontés, les pneus regonflés, et un rapide contrôle montre qu'ils n'ont pas souffert.
L’hôtel dispose d’un énorme local pour les bagages, nos vélos vont le squatter pendant 3 semaines.
Nous sommes en demi-pension, on se contentera pendant toutes nos vacances d’un copieux petit-déjeuner pris plutôt tardivement (vers 10 heures, 10 heures et demi) et du repas du soir.
Pour notre première sortie le samedi 28, on tente la montée sur Fataga par la GC60. Mauvaise pioche : si la montée est relativement progressive par la piste pour les VTT, par la route c’est une autre musique. Ça monte raide, très raide même, et ça redescend même furieusement après le belvédère de las Yegas.

On n’insiste pas, et on rentre à l’hôtel avec une quinzaine de km au compteur seulement. Le but n’est pas d’avoir des courbatures pour plusieurs jours.
Le dimanche 29, on décide donc de rester le long de la côte, en partant direction ouest. Là aussi, il y a plus de dénivelé que souhaité. On descend au bord de mer et on remonte plusieurs fois à 70 ou 80 mètres d’altitude. C’est joli, mais casse-patte.
Cerise sur le gâteau, en arrivant sur un premier giratoire après une dizaine de km – au départ de la GC505 – on se fait arrêter par deux flics motards qui ne sont pas là sans raison. Aussi bornés que sentencieux, ils nous apprennent que le port du casque est obligatoire en Espagne pour les cyclistes (ce que j’ignorais), et que dans leur grande générosité on n’aura droit qu’à une seule prune de 100 euros pour les deux, alors qu’ils pourraient nous en donner deux.
Lorsque j’objecte que je ne le savais pas et que c’est indiqué nulle part, l’agent Conardos y va d’une grande tirade sur le fait que si je vais rouler en Angleterre, je devrai rouler à gauche.
Sauf qu’en Angleterre tu as des panneaux de 5 mètres sur 7 qui rappellent aux continentaux qu’il faut rouler à gauche, après chaque giratoire entre Douvres et Londres. Et si je m’entête à rouler à droite, je prendrai un camion dans la tronche, mais c’est une autre histoire...
Je n’aime pas la mauvaise foi ni la stupidité, et je suis très rancunier. Nous étions à Tenerife l’an dernier, nous sommes à Gran Canaria cette année, et je pensais découvrir les autres îles des Canaries ces prochaines années. Je me promets d’aller voir ailleurs. La flicaille locale y a gagné 100 balles, le tourisme local en perdra au pif 20’000 sur les 4 à 5 prochaines années et je les emmerde. Je n’avais jamais de ma vie mis de casque à vélo, je pensais que c’était un domaine qui permettait encore de rester libre et responsable. Ces deux qualificatifs ont de moins en moins cours dans le monde aseptisé d’aujourd’hui...
Le programme du jour suivant est vite fait : acheter des casques… Il y a certes des magasins de vélos et d’accessoires à Maspalomas, mais on a loué une voiture sans limitation de kilométrage et il y a un Décathlon vers Telde, en direction de Las Palmas. Après m’être fait racketté par des flics canariens, je trouve plus moral d’aller enrichir une chaîne de magasins français. Je me dégotte un casque en promo à 9,99 euros, ma compagne préfère une autre forme et une autre couleur, ce qui fait à peine monter la note.
On complète nos achats par des petits sacs de guidon, un support pour mon smartphone, une seconde gourde avec support pour mon vélo, et des pastilles effervescentes pour récupérer plus efficacement plein de substances bonnes pour le corps.
On reprend la route direction Las Palmas. On trouve un parking un peu décentré, au nord ouest de la ville, on sort les vélos du coffre, on les déplie et on va à la découverte. Nouvelle déception : la zone qui nous intéresse, le long de la fameuse plage de la Canteras au nord de la ville est interdite aux vélos.

La « Micro araa de ecoturistica » est autant que le flic de la veille une insulte à l’intelligence. C’est une promenade de 12 à 15 mètres de large, bordée d’immeubles, de bars, de restaurants et de commerces de toutes sortes. Y rouler à 4 ou 5 km/h ne gênerait personne.

Je rappelle que je suis limité dans mes déplacements à pied, que mon vélo me sert souvent de « chaise roulante » et que je dois absolument muscler mes jambes puisque je passe sur le billard dès mon retour. Mon humeur varie souvent, selon les douleurs, et je ne fais pas du vélo que pour mon plaisir. Bref, on quitte la zone pour l’autre côté de la ville, et notamment le port. Navigateur à mes heures, je ne me lasse jamais de regarder des voiliers de voyage, et là il y en a.
Chose curieuse, on croise quelques dizaines de cyclistes, tous sans casque(!) Je consulte mon copain gogol le soir même grâce au wifi de l’hôtel, pour découvrir qu’en Espagne le port du casque à vélo est obligatoire… en dehors des localités ! 85 % des accidents en lieu en ville, mais le bobo potentiellement cycliste ne supporterait pas d’être décoiffé et les vélibs locaux feraient faillite si le casque était obligatoire en ville. Le législateur s’est donné bonne conscience en arguant que les accidents, certes moins nombreux, étaient plus graves hors des localités, d’où cette loi complètement crétine.
Les accidents sont évidemment plus graves quand tu t’emplafonnes un camion à 80 km/h qu’une voiture à 40. Mais je doute que le port du casque y change grand-chose.
Malgré toutes ces (més-)aventures, on garde le moral et l’envie de faire du vélo. Le mardi 31, on décide de partir « à plat », direction Aguimes (au nord est).
Je découvre que le GPS en mode vélo ne sait pas faire la différence entre vélo de route et VTT. En mode vélo, il nous envoie dans des endroits impossibles. Jolis, mais pas pour nous.

De là, il faudrait descendre 130 marches pour atteindre la plage, avant de prendre un autre escalier pour remonter sur la route.
Je jonglerai désormais entre mode vélo et mode voiture pour établir mes itinéraires. Le GPS ne fait pas tout, il faut réfléchir aussi un peu…
Le plus simple pour sortir de Maspalomas direction est, c’est de rester sur la GC500, parcours agrémenté de 2 belles montées. Malgré le vent, on poussera la balade jusqu’à Juan Grande, soit une quarantaine de km pour cette journée, avec les détours.

On se vote une journée de repos – ou presque – le premier janvier. Une collègue de travail m’a recommandé une petite plage inconnue des touristes. L’endroit est presque désertique, bien différent des autres plages avec leurs transatlantiques à louer, bars, douches, etc.
J’en profite pour chausser mes palmes et aller voir un voilier au mouillage à 150 m. de la plage. L’eau est quand même fraîche et je ne m’attarde pas.
On reprend les vélos le jeudi 2. Puisque nous nous étions arrêtés à Juan Grande sur la route d’Aguimes il y a deux jours, l’idée c’est d’aller là-bas avec la voiture et de continuer depuis là. Avec une voiture et des vélos pliants, c’est l’idéal. Le tracé est relativement plat, à l’exception des deux derniers kilomètres. Aguimes est à 300 mètres d’altitude, et on part quasiment du niveau de la mer.

Qu’importe, nous monterons ces 2 km à 8 % environ sans même mettre le pied à terre. La ville est très touristique, avec des statues en bronze de toutes sortes, je dois admettre qu’elle mérite le détour.
On redescend chercher la voiture avec une trentaine de km de plus au compteur, ce qui nous fait un total de 125 km pour cette première semaine. Tranquille. Il faudra en faire un peu plus pour boucler comme je l’espère avec 400 km en trois semaines.
La suite, dans quelques jours...

